La bigorexie, l’addiction des accros au sport !

Publié le 20 janvier 2020 à 11:01

À l’instar de l’alcool, du tabac, du jeu ou encore de la nourriture, l’abus de sport peut être considéré comme une véritable addiction.

Méconnue en France, cette pathologie désignée sous le nom de bigorexie est aujourd’hui reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme une maladie depuis 2011.

Le Centre d’Études et de Recherches en Psychopathologie de Toulouse définit cette addiction comme ceci : « un besoin irrépressible et compulsif de pratiquer régulièrement et intensivement une ou plusieurs activités physiques et sportives en vue d’obtenir des gratifications immédiates et ce malgré des conséquences négatives à long terme sur la santé physique, psychologique et sociale. »

Les causes de la bigorexie ?

La pratique d’un sport permet en effet de libérer des endorphines, l’hormone du plaisir, et procure à l’issue de sa séance un sentiment de bien-être et de relaxation. Ce sont ces sensations que vont rechercher les personnes concernées par la bigorexie. Cette quête constante du « plaisir » via l’activité physique peut être vécue comme une sorte de refuge. Une façon de lutter contre le stress, l’anxiété, une souffrance psychologique ou contre des pensées qu’ils ne réussissent pas à gérer correctement. Se dépenser, s’entrainer et dépasser ses limites est alors perçu comme un remède à tous ces maux, rendant l’effort irrépressible, voire indispensable au quotidien.

Malheureusement, la bigorexie entraîne les gens qui en souffrent dans un cercle vicieux. En effet, jours après jours, ils ressentent le besoin d’augmenter toujours plus leur « dose » afin d’être satisfait. Or, avec l’activité, le corps se développe et s’habitue aux charges de travail qu’on lui impose, repoussant ainsi ses limites. Des limites que vont forcément chercher à atteindre ces accros du sport.

Ces derniers vont ainsi se consacrer de plus en plus de temps à l’activité physique, délaissant leur vie professionnelle et sociale, abandonnant également tous les autres plaisirs. Le sport devient alors la priorité numéro 1.

De nombreux autres symptômes peuvent découler de la bigorexie : apparition d’état dépressif en cas de sevrage (tristesse, irritabilité, culpabilité…), comportement jusqu’au-boutiste pouvant occasionner des blessures graves, du dopage, de l’isolement, des souffrances sociales (divorce, perte d’emploi…) ou encore une obsession pour son poids, son physique et ses performances.

Les plus touchés par le phénomène sont les adeptes des sports d’endurance et du culturisme.

Avec la recherche de performance et le dépassement de soi qu’il implique, la frontière entre la pratique d’un sport à haut niveau et la bigorexie est ténue. Tout est donc une question de dosage…

Comment soigner la bigorexie ?

Heureusement, comme toute addiction, il est possible de se faire aider par des professionnels. Notamment les antennes médicales de prévention du dopage (www.ampd.fr) et les Centres d’Accompagnements et de Prévention pour les Sportifs (CAPS). Il est également possible de se tourner vers un médecin du sport ou vers un Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA).

Pour finir, sachez que la bigorexie reste une pathologie relativement peu courante, touchant essentiellement les sportifs de haut niveau. Alors ne prenez pas peur, l’activité physique, quand elle n’est pas pratiquée à l’excès, demeure une véritable source de bienfaits et de bien-être pour la santé 😉

Sources :


• https://www.envsn.sports.gouv.fr/images/recherche-expertise/prepa_mentale/fiches_reflexions_dentraineurs/01-les-dangers-de-la-dependance-au-sport.pdf

https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=bigorexie
https://www.filsantejeunes.com/laddiction-au-sport-19064